Les oiseaux sont de auxiliaires précieux. Au jardin, ils consomment de nombreux invertébrés qui peuvent vous poser problème (limaces, escargots, chenilles
Aussi, vous allez peut-être être tentés de leur donner un coup de pouce en les nourrissant pendant l’hiver… Voici donc dix bonnes questions qu’il vous faut vous poser avant de commencer le nourrissage des oiseaux.

1- Les oiseaux ont-ils besoin d’être nourris ?

Aucun oiseau ne dépend d’une seule source de nourriture. Les oiseaux savent s’adapter à la plus ou moins grande disponibilité de nourriture.
Les ornithologues sont d’ailleurs partagés : certains prônent l’assistance à l’avifaune quand d’autres préconisent une sélection naturelle visant à éliminer les pus faibles.
Il faut voir le nourrissage comme un complément à leur alimentation habituelle. Car avec la transformation des paysages agricoles, la disparition des habitats, l’utilisation intensive de produits phytosanitaires, les oiseaux sont privés de ressources alimentaires et d’abris. C’est pour cela, qu’il faudrait plus parler de supplémentation plutôt que de nourrissage.

2- Quand pratiquer le nourrissage des oiseaux ?

La période de nourrissage recommandée court de décembre au mois de mars. Il convient cependant de s’adapter et d’agir lors des premières vagues de froid accompagnées de gel. Si vous devez retenir une chose, c’est : « durant la mauvaise saison en période de froid prolongé ».
A cette période, il est important de réapprovisionner régulièrement les mangeoires. En effet, quand des mangeoires maintiennent artificiellement une population élevée, les oiseaux peuvent souffrir de cette pénurie.
Dès que les températures remontent, il faut arrêter le nourrissage pour éviter les propagations de maladies. Mais aussi pour éviter de créer une trop forte dépendance des oiseaux. Si vous souhaitez continuer à les observer, le mieux est de pouvoir leur fournir une alimentation naturelle. Laissez un coin d’herbes folles ou lierre pousser. Plantez une haie champêtre : elles fournissent graines et fruits mais abritent aussi la micro faune (insectes et larves, mollusques…) dont se nourrissent les oiseaux…

Rouge Gorge


3- Quel type de mangeoires pour le nourrissage des oiseaux ?

Il y a plusieurs type de mangeoires. Du simple plateau au modèle plus sophistiqué. Elles permettent de tenir compte des habitudes des oiseaux, de l’espace disponible. Il est important que les aliments y soient protégés de la pluie.
C’est pourquoi la mangeoire trémie ou la mangeoire tubulaire sont intéressantes. Elles sont d’entretien facile et permettent de garder des réserves sans que celles si ne soient gâtées. Par ailleurs, elles évitent que les oiseaux ne se posent directement sur la nourriture, mélangent leur fientes aux graines et propagent des maladies.
De nombreux modèles sont disponibles dans le commerce, mais rien ne vous empêche de fabriquer vos propres mangeoires.
Les mangeoires fixées sur les vitres avec une ventouse sont attractives et tentantes, mais elles risque d’occasionner des collisions sur les vitres. Vous pouvez cependant placer vos mangeoires de sortes à pouvoir profiter du spectacle depuis chez vous.

Les chardonnerets élégants
Chardonneret élégant

4- Où placer les mangeoires pour les oiseaux ?

Disposez vos mangeoires à proximité d’un lieu plutôt ombragé. Placez là ce pendant dans un endroit dégagé pour éviter qu’un chat puisse se tenir à l’affût.
L’idéal pour une mangeoire est à 2 mètres d’un arbre (La mangeoire suspendu à un arbre est également possible). Il est important d’éviter une mangeoire au milieu de la pelouse pour prémunir les oiseaux d’une attaque d’épervier. Assurez-vous d’ailleurs qu’un couvert dense soit à portée d’aile des oiseaux (lierre, aubépine, rosier) pour qu’il puissent s’y abriter en cas de danger / dérangement. Disposez des perchoirs pour que les oiseaux puissent observer les alentours.
Enfin, certains oiseaux ne mangent qu’au sol, il est recommandé de placer la nourriture sur un plateau pour éviter la putréfaction des aliments et de leur contamination.

5- Quel entretien des mangeoires ?

Déplacez les sites de nourrissage régulièrement en cas d’affluence amenant une accumulation des fientes. La Salmonella enterica se diffuse vite en particulier aux tables de nourrissage et au sol.
Contrôlez et nettoyez régulièrement les mangeoires. Soyez particulièrement attentif après les pluies violentes afin d’éviter la fermentation des graines humides.
Enveloppez les déchets de vos mangeoires avant de les jeter. Lavez-vous soigneusement les mains ensuite.
Un bon moyen pour éviter les désagrément est d’éviter de donner trop grosses quantité de nourriture mais de mettre régulièrement de petites quantités dans les mangeoires.

6- Quelle nourriture pour les oiseaux ? Privilégier les graines

Pour permettre aux oiseaux des aliments riches en graisse et en glucides. Ces réserves leur permettent de survivre aux longues et froides nuits d’hiver.

Sittelle torchepot
Sittelle torchepot

7- Quels aliments sont proscrits dans le nourrissage des oiseaux ?

Et aussi :

8- Et les boules de graisse ?

Les boules de graisse contenant des graisses riches en vitamine sont intéressantes. Il faut privilégier la graisse végétale. Elles sont à utiliser sans huile de palme et sans filet (pour éviter que les oiseaux ne s’y coincent les pattes et se blessent) mais aussi avec parcimonie. En effet, une alimentation trop riche en graisse peur diminuer le succès reproducteur des oiseaux. Enfin, une trop forte consommation de graisses industrielles peut provoquer une embolie de cholestérol. Vérifiez la composition des boules que vous achetez.

Attention aussi aux cacahuètes (à distribuer non grillées, non sucrées, non salées). Proposez les broyées ou en petits morceaux. Ainsi, les petits oiseaux dépenseront moins d’énergie à les consommer.
Retirez-les pendant les périodes humides. En effet, les moisissures développées par l’humidité produisent des toxines (alphatoxines) fatales aux oiseaux.

Mésange bleue : attention aux boules de graisses

9- Et l’eau ?

Les oiseaux ont autant besoin d’eau que de nourriture. En effet, beaucoup changent de régime alimentaire pendant l’hiver (d’insectivores à granivores). Ce faisant, ils se privent d’une partie de l’hydratation fournie en consommant des insectes.
Donnez leur accès au précieux liquide dans un récipient ou un bassin peu profond (pour éviter les noyades).
L’eau doit être propre et pure. Veilliez à renouveler l’eau et à nettoyer le récipient et faite fondre la glace en cas de gel.
Enfin, évitez que les oiseaux soient obligés de se baigner. cela peut leur être préjudiciable par temps de gel. Placez par exemple, une grosse pierre au miiieu du bassin.

10- Pourquoi les oiseaux ne viennent pas ?

Il est probable qu’ils aient trouvé mieux ailleurs !
Les mésanges noires, par exemple, ne s’aventurent hors des bois que si leurs ressources sont épuisées.
Mais à l’inverse, l’absence de nourriture poussera des visiteurs inhabituels vers votre jardin (jaseurs boréaux ou bec croisés).
Par ailleurs, plus si vous considérez votre jardin comme un écosystème et que vous jardinez au naturel (favorisez les insectes et pollinisateurs, laissez du bois mort et des branchages, plantez des haies naturelles….) vous recevrez la visite régulière de nombreuses espèces.

Quelques sources :

https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/conseils-biodiversite/conseils-biodiversite/accueillir-la-faune-sauvage/quand-nourrir-les-oiseaux

https://www.salamandre.org/article/nourrir-oiseaux-hiver

https://www.lpo.fr/media/read/9846/file/FM_NOURRISSAGE_aout2024_WEB.pdf