La pelouse peut devenir un réservoir de biodiversité. Elle abrite de nombreuses espèces d’insectes et de vers, qui, à leur tour, attireront les oiseaux (merle, grive) ou mammifères (hérisson, blaireau qui s’en nourrissent. On trouve aussi des fleurs sauvages (trèfles, pâquerettes ou pissenlits), appréciées des oiseaux et des abeilles, papillons et autres pollinisateurs.

En finir avec la pelouse « moquette verte »
Il faut cependant renoncer à considérer sa pelouse comme une « moquette verte ». Ces pelouses sont onéreuses et anti-écologiques : elles nécessitent engrais, arrosages et traitements réguliers. Il vaut mieux adopter un gazon rustique, lui laisser une hauteur de 8 cm, et laisser s’épanouir les fleurs sauvages qui fourniront nectar et pollen aux abeilles, bourdons, papillons et autres
pollinisateurs (qui assurent la fécondation des fleurs).
Dans un souci esthétique et graphique, vous pouvez aussi alterner pelouse haute (15cm) et pelouse basse (8 cm). Ce qui aura pour effet d’aménager des zones de refuge pour les plantes, les insectes mais aussi créer un contraste entre les 2 hauteurs de gazons.
Vous pouvez également transformer une partie de votre gazon en « prairie » : déterminez un ilot de verdure (de préférence au sud de votre jardin et protégé des vents dominants) où vous avez remarqué des plantes intéressantes (marguerites, centaurées, trèfles, achillées). Ces plantes feront le plaisir des butineurs, des araignées ou des oiseaux même s’il ne s’agit que de quelques mètres carrés…
Si la taille de votre terrain vous le permet, déterminez un véritable espace de prairie et tracez-y des allées avec votre tondeuse, vous pourrez ainsi parcourir votre prairie et profiter de la vie qui l’habite. Votre prairie fleurie peut aussi constituer une bande fleurie le long d’une haie, d’un tas de bois ou d’un mur : elle deviendra vite un refuge pour la petite faune.

De la prairie à la friche : il n’y a qu’un pas. Pour obtenir votre coin de friche, il suffit… de ne rien faire ! Si vous vous abstenez de toute intervention, vous y découvrirez des plantes et des animaux spectaculaires. Deux solutions s’offrent ensuite à vous : débroussailler tous les 3 à 5 ans ou laisser la friche se développer.
Faut-il semer votre prairie ou la laisser pousser ?

L’idéal est de laisser les plantes locales se développer et s’installer d’elles- mêmes. Pâquerettes, pissenlits, carottes sauvages, trèfles attireront les papillons, abeilles et autres butineurs… Les plantes qui poussent dans votre prairie vous paraissent peu diversifiées ? Vous pouvez acheter des mélanges « prairies fleuries ». Veillez à ce que les plantes soient bien des plantes locales et non exotiques. Sachez également que ces mélanges supposent de retourner la terre pour semer les graines. La densité d’une pelouse ne permet en effet pas aux plants de se développer : les graminées étouffent les jeunes plants voire empêchent les graines d’atteindre le sol. Faites également attention car tous les mélanges de fleurs ne favorisent pas forcément la biodiversité. Certains mélanges de jachères fleuries sont orientés vers les abeilles domestiques et sont peu attrayants pour d’autres pollinisateurs (syrphes, papillons, etc.)
Entretenez votre prairie / pelouse
- Quelle hauteur de coupe ? Une hauteur de 6 centimètres ne suffit pas à laisser s’épanouir les fleurs (ou trop peu de fleurs). Pour l’entretien d’une pelouse, il convient de monter la hauteur de coupe à 8-10 centimètres mais également de tondre moins souvent pour permettre à certains végétaux de fleurir.
- Quand faucher votre prairie ? D’ordinaire, elle se fauche après la floraison (en juin). Mais en réalité, cette solution n’est pas la meilleure pour la petite faune : de nombreux insectes élisent domicile dans les herbes. Les araignées y capturent mouches et pucerons, les papillons y font leurs chrysalides et les oiseaux tels que le chardonneret y recherchent des graines en hiver. L’idéal est de faucher au mois d’octobre (avec une faux ou une faucille car l’utilisation d’une tondeuse risque de tuer la plupart des insectes). Il est cependant souhaitable de conserver des bandes de prairies ou des parties herbeuses sans les couper pendant un an et de pratiquer une rotation de ces zones non fauchées.


